Isigny-le-Buat, conseil municipal (délibération, etc.)
- Vie des assemblées représentatives locales (conseils municipaux, communautaires, etc.)
La Rencontre de Sophie
Isigny-le-Buat, 16 novembre 2024
À la grande manif contre l'extension de la méga serre industrielle
Dans le cadre de ses podcasts à la rencontre de celles et ceux qui font le territoire, Sophie a tendu son micro aux manifestant.es de la marche festive pour une agriculture respectueuse des humains et de la terre, organisée à Isigny-le-Buat le 16 novembre 2024 par la Confédération paysanne de la Manche et le Collectif STOP tomates industrielles.
Dernières prises de parole devant la serre lors de la manifestation du 16 novembre 2024 © Isabelle Bordes
Opposé.es à un projet qui consomme des terres agricoles pour des tomates sous serres chauffées destinées à l’exportation et hors-sol tout en se servant de l’image du Mont-Saint-Michel, les manifestant.es ont défendu au contraire la production locale et paysanne de vraies tomates de saison qui ont du goût et des nutriments, bonnes pour la terre et pour les humains. La journée s’est terminée dans une ferme locale par un dîner de produits locaux et de danses au rythme du groupe folk On s’prend pas l’chou.
Ce podcast donne la parole à des citoyens-citoyennes d’Isigny, de Normandie et de l’Ouest, reprend quelques extraits de discours et de musiques, ainsi qu'en générique, l’hymne de la Confédération paysanne, "Paysannes Paysans".
Par ordre d’apparition :
- Juliette Beurier, médecin à Isigny, un couple venu de Savigny-le-Vieux et Damien qui ne veulent pas de serres de tomates hors-sol,
- Lieutenant du mouvement des Street médics, venue de Rennes et porteuse de projet élevage à la Confédération paysanne,
- Aurélien Marion, co-porte-parole de la Confédération paysanne, coiffé symboliquement de la casquette de Kees van Veen PDG d’Agrocare,
- Gérard Chauvet, Odile Marqué, Christophe Poulain, membres fondateurs du collectif :
- Rémy Pinet, maire du Grippon, et Guillaume Hédouin, conseiller régional écologiste pour qui cette marche donne un message d’espoir contre un projet agro-industriel antisocial
- Isabelle qui lit un texte écrit pour les 7 ans du mouvement des Gilets jaunes,
- Guy Bessin, Annick Briand et Aurélien Marion, de la Confédération paysanne, qui évoquent la question cruciale des terres rendues inaccessibles aux fermiers locaux face aux propositions d’une multinationale,
- Marie en BPREA, future paysanne et sa banderole « Error 404 Futur not found »,
- Deux représentantes de Bio en Normandie qui ont insisté sur l’importance de la saisonnalité des produits,
- Joël Bellenfant pour Terre de liens qui a appelé à la vigilance malgré l’arrêté préfectoral négatif du 8 novembre 2024.
31 mars 2025
Isigny-le-Buat : la photo de l'Insee en 2021
Selon l'Insee, l'institut national de la statistique et des études économiques, la commune compte 3182 habitants en 2021, soit 100 habitants de moins qu'en 2010. Une population stable donc, et ce, depuis 1975.
Et on ne compte que 174 nouveaux habitants en 2021 (soit 5% de nouveaux arrivants).
C'est la population des enfants (moins de 14 ans), des 30-44 ans et des plus de 75 ans qui a diminué en 10 ans, tandis que les 45-74 ans sont passés de 1117 à 1263 dans le même temps, les ados et jeunes adultes se faisant légèrement plus nombreux.
Le taux de natalité semble se stabiliser autour de 10,5‰ (dans la moyenne française donc, mais un peu plus que les 9‰ de la Manche sur la même période).
À part chez les personnes les plus âgées, les femmes sont légèrement moins nombreuses (49,3%), ce qui représente 2,4% de moins que la moyenne nationale.
Et l'on vit moins seul à Isigny : 30% de foyers ne comptent qu'une personne contre 38% dans la Manche ou en France).
Travail et transports
Côté travail, Isigny-le-Buat se distingue par une très forte population d'ouvrièr.es et d'agriculteur.rices, en comparaison avec la moyenne manchoise, mais aussi nationale. En 2021, les ouvrièr.es représentent 40,9% de la population active, beaucoup plus que la Manche où ils et elles sont 26,1% et deux fois plus qu'en France (19,4%).
Près d'un.e actif.ve sur 10 est agriculteur.rice exploitant.e ici (8,8%), plus du double de la proportion manchoise (3,6%) et quatre fois plus qu'en France (1,5%).
Les artisan.es, commerçant.es et chef.fes d'entreprise sont aussi plus nombreux.ses : plus de 10% alors qu'on tourne de 7% tant en moyenne départementale que nationale.
En comparaison, Isigny manque en revanche de cadres (deux fois moins que la Manche et 4 fois moins qu'en France). Et compte moins d'employé.es et de professions intermédiaires (la Manche ayant les mêmes proportions que la France dans ces catégories).
On gagne moins sa vie avec un salaire horaire moyen de 14,2€, pour 15,8€ dans la Manche et 18€ en moyenne nationale.
Il y a un peu moins de gens au chômage en proportion que dans la Manche : 6,1% contre 6,9% ; et moins qu'en France en moyenne (9,1% de la population active).
Du côté de la population retraitée, Isigny-le-Buat ressemble à la France, avec un bon quart : 27,4%, tandis qu'elle représente le tiers des Manchois (35,1%).
Enfin à Isigny, 94% des ménages ont au moins une voiture (89% en Manche, 81% en France), et plus de 8 sur 10 l'utilisent pour aller au travail (contre 7 sur 10 en France). Il n'y a pas 1 Isignais sur 100 qui utilise les transports collectifs (et pour cause!) contre 2,7% de Manchois.es et 15,1% de Français.es.
Des faits chiffrés qui corroborent les tendances dessinées dans nos échanges au café ! 31 mars 2025
Nouveau projet de méga serre de tomates : "la demande solennelle" de la Confédération paysanne aux élu.es d'Isigny
« Nous refusons catégoriquement l’extension des serres industrielles d’Agrocare / "Les Maraîchers de Normandie" à Isigny-le-Buat », déclare le syndicat agricole dans une lettre ouverte adressée au conseil municipal d'Isigny-le-Buat le 12 mai 2025. Lors de sa dernière réunion, le 10 avril, les élu.es se sont montré.es ouvert.es à une nouvelle extension des serres, plus réduite, si la société néerlandaise Agrocare acceptait ses conditions.
La Confédération paysanne refuse « qu’une multinationale néerlandaise, dotée de moyens financiers colossaux, vienne déstabiliser les maraîchers normands et français, au nom d’un soi-disant "local" vidé de son sens ». Évoquant les facilités faites à l'entreprise, elle souligne : « Nous, agriculteurs, ne bénéficions pas de 500 000 € de prêts à taux zéro (sans garanties) de la part de la Région Normandie. Nous, agriculteurs n'obtenons pas 1,4 million d’euros de subventions pour une pompe à chaleur. Nous, agriculteurs ne touchons pas des dividendes énergétiques à hauteur de 11,4 millions d’euros. Enfin, nous, agriculteurs, ne possédons pas 300 000 € de mécénat pour convaincre la commune de soutenir nos projets. »
Inquiète de cette forme de concurrence déloyale pour les maraîchers, elle relève une grande différence :
« Notre métier est de nourrir la population avec nos produits. Celui d'Agrocare, est d’extraire les richesses agricoles, énergétiques et l’eau de notre région pour enrichir des fonds d’investissements basé aux Pays-Bas. La tomate, dans leur modèle, n’est qu’un coproduit d’un système financier basé sur la cogénération d’énergie, la main d’œuvre bon marché, et l’optimisation fiscale. »
Aussi, les syndicalistes paysans demandent « solennellement au Conseil municipal d’Isigny-le-Buat de refuser toute délibération ou soutien allant dans le sens de cette extension ».
La Confédération paysanne de la Manche avait organisé une grande manifestation à Isigny-le-Buat le 16 novembre 2024, en soutien au collectif Stop Tomates.
Méga-serres d'Isigny-le-Buat #2 : Tomates locales, sauce internationale
11 avril 2025
Ça s'est passé près d'cheu nous...
le 30 mai 2025, 20h - Isigny-le-Buat
Cent personnes réunies contre le nouveau projet de serres de tomates industrielles à Isigny-le-Buat
- Un premier projet a été déposé en février 2024 visant une extension de 20 hectares.
- Le 18 avril 2024, la Commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) avait donné un avis négatif (avis consultatif) à ce projet.
- Le 12 novembre 2024, le Préfet a refusé l’autorisation environnementale.
- En avril 2025, Rik Van Den Bosch, PDG des entreprises locales d’Agrocare, a annoncé un nouveau projet. Celui-ci vise une extension de 16 ha de serres et comprend des mesures d’accompagnement. « Dès que notre société entrera en activité commerciale, après la construction des nouvelles serres, nous apporterons à la municipalité d’Isigny-le-Buat un mécénat de 300 000 € dans le cadre d’un projet d’intérêt général sur cinq ans », assure le patron. Il annonce aussi vouloir participer au devenir du bâtiment de l’Auberge pour «assurer un développement sur le long terme de l’offre en logements locatifs ». Il s’agit d’un ancien commerce fermé en 2017 appartenant à la commune. Etc.
En préambule, Adrien Lechartier, de la Confédération paysanne, a redonné une définition de l'agriculture d'un ancien Larousse : « L’agriculture met en valeur le milieu naturel pour produire de l’alimentation. » Il en déduit que la production hors-sol d'Agrocare a davantage à voir avec l’industrie que l'agriculture. D’autant plus que l’essentiel des revenus de l'entreprise est tiré de la vente d’électricité issue de la cogénération (fabrication de chaleur pour les serres en même temps que l'électricité). Il a évoqué également un phénomène de désagronomisation (spécialisation, perte de connaissances et de biodiversité) qui accompagne la généralisation de la production industrielle hors sol de tomates.
Un projet néfaste sur le volet environnemental
Ensuite plusieurs intervenants ont soulevé diverses problématiques. Sur le volet environnemental, et tout d’abord sur l’eau, alors que le préfet vient d’activer le niveau de vigilance sécheresse, l’artificialisation du sol ne permettra plus le ruissellement des eaux de pluie et pourrait avoir un impact sur la zone humide. La consommation d'eau de 12 hectares de serres actuelles équivaut à 200 hectares de plein champ. Il y aurait 183 000 m3 d’eau de pluie ainsi récupérés, ce qui correspond à 2 ans de consommation de la commune d’Isigny-le-Buat.
Concernant la pollution lumineuse, nuisance constatée avec les premières serres alors que celles-ci ne devaient pas avoir d’éclairage nocturne, l’entreprise propose des aménagements paysagers, notamment un talus de 3 mètres de hauteur. Mais pour les riverains, cela ne changera rien puisque les serres font 7 mètres de haut. Pour la faune, la pollution lumineuse a un impact à 10 km à la ronde, et il faut penser également à l'impact des serres de Brécey.
Enfin dans les plans d’extension, il est prévu une nouvelle entrée des serres par la route du château d’eau. Il passe actuellement 4 à 5 camions par jour, flux qui devrait être au minimum le double si le projet d'extension se faisait malgré tout. Or cette route n’est pas adaptée, ne permettant pas le croisement. Il serait alors demandé à la commune d'aménager cette voie.
Un projet néfaste sur le volet social
Sur le volet social, l’entreprise fait appel principalement à une main d’œuvre étrangère originaire de l’Europe de l’Est, de Turquie ou aujourd’hui d’Amérique latine.
Si les contrats de travail ne sont pas toujours traduits dans la langue d’origine, ceux-ci comportent une clause de confidentialité que l’on peut estimer abusive dans la mesure où celle-ci est générale alors qu’une clause de confidentialité ne poursuit normalement qu’un seul objectif : la protection du savoir-faire de l’entreprise. Celle-ci est bien rappelée à ces travailleurs qui ont ainsi du mal à parler de leurs conditions de travail difficiles pour la plupart.
C’est l’entreprise qui prend en charge le logement, moyennant retenue sur la fiche de paie, en louant des maisons dans les environs. Dans l’une, située à Isigny-le-Buat, selon le journaliste de Reporterre, environ dix-huit personnes y habitaient en 2024.
C’est aussi l’entreprise qui se charge du transport entre le lieu d’hébergement et le lieu de transport. Tout est fait pour rendre opaque les conditions d’emploi et invisibiliser ces travailleurs déracinés. Selon un agent du renseignement territorial, l’inspection du travail a été accueillie par les avocats de l’entreprise et n’a pu avoir accès aux locaux.
« La municipalité n’a pas tous les pouvoirs. Le seul qui peut arrêter ça, c’est le consommateur » Jean-Yves Leforestier, adjoint à la maire d'Isigny-le-Buat
Après plusieurs questions de la salle, un adjoint au maire présent, Jean-Yves Leforestier, a pris la parole. Il a rappelé qu’à l’origine, en 2015, au moment des difficultés des abattoirs AIM de Sainte-Cécile, ce projet de serre avait été vu comme pouvant apporter de l’emploi. Ajoutant : « Ce qui était prévu n’a pas été tenu. »
Sur le projet en cours, la municipalité n’est pas restée sans rien faire, a-t-il expliqué : « On a interpellé les sénateurs. Le dossier est monté à Paris car il y a des choses qui ne sont pas normales. » À la question « combien les serres rapportent-elles au budget de la commune », il n'a pas répondu, se contentant de reprendre les arguments de l’absence d’intégration des ouvriers sur la commune et du peu d’activité commerciale générée.
Enfin, à la question sur la position de la mairie sur le permis de construire, il évacue : « La municipalité n’a pas tous les pouvoirs. Le seul qui peut arrêter ça, c’est le consommateur » ce qui, en filigrane, traduit la position d’une partie des élu.es.
En réponse, le représentant de l'association Manche Nature a déclaré : « On combattra le permis de construire. Si la mairie signe, vous serez attaqués en justice. »
Interroger les habitants
Pour conclure, Gérard Chauvet, du collectif Stop tomates industrielles, a appelé à poursuivre la mobilisation et appelé les élu.es à interroger les habitant.es sur ce projet. Signer ce permis avant les municipales serait un véritable déni de démocratie !

Mini-revue de presse
- La Gazette de la Manche, Auria Boukar, « Serres à tomates à Isigny-le-Buat : l’entreprise revoit son projet et s’engage auprès de la mairie », 01/05/25 (article)
- Ouest-France, Céline Avot, « "C’est un alibi": ces serres géantes de tomates sont utilisées pour produire de l’électricité », 28/05/25 (article)
26 juin 2025
ICI VU D'AILLEURS
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Serres de tomates à Isigny-le-Buat :
- Ouest-France, Céline Avot, « "C’est un alibi": ces serres géantes de tomates sont utilisées pour produire de l’électricité », 28/05/25 (article)
- La Gazette de la Manche, Auria Boukar, « Serres à tomates à Isigny-le-Buat : l’entreprise revoit son projet et s’engage auprès de la mairie », 01/05/25 (article)
- France 3 Normandie, Camille Bluteau, " 'Consommer des légumes de saison, c'est comme skier en plein été' : des agriculteurs lancent une campagne contre les tomates en hiver", 16/03/25 (article)
- La Gazette de la Manche, Auria Boukar, "Serres à tomates dans le Sud Manche : un modèle agricole contesté par la Confédération paysanne", 16/01/25 (article)
- L'Insoumission, "Des tomates à Noël ?", 18/12/24 (article)
- Les Champs d'ici, Isabelle Bordes, "Les tomates hors sol versus Odile et Gérard, gardiens du bocage normand", 03/12/24 (article)
- David Cormand (député européen), "L'attaque des tomates tueuses", 11/24 (article)
- TaMétéo.com, Anthony Kaczmarek, "Mégaferme, culture de tomates, serres chauffées : pourquoi rien ne va dans ce projet agricole en Normandie ?", 20/11/24 (article)
- TF1 Info, M. Renaudet, X. Thoby, "'On n'en veut pas' : ces habitants de la Manche se battent contre un projet de serre géante", 15/11/24 (vidéo)
- France 3, Boris Letondeur, "Polémique des serres géantes. "Localement, ça ne nous apporte rien", Le projet de la plus grande usine à tomates d'Europe retoqué", 12/11/24 (vidéo)
- Basta, "Mobilisation contre le projet de la plus grande usine à tomates d’Europe", 12/11/24 (article)
- Le Club de Mediapart, Joël Bellenfant, "Stop aux tomates industrielles d'Isigny", 11/11/24 (article)
- Grand Format, Guy Pichard, "Extension d'une usine à tomates dans la Manche : la Préfecture s'oppose", 08/11/24 (article)
- Agrobiosciences - INRAE, Stéphane Thépot, "Les tomates d'Isigny veulent grandir", 27/05/24 (article)
- Reporterre, Guy Pichard, "Ces tomates sous serres cultivées dans des conditions opaques", 14/05/24 (article)
- Le Club de Mediapart, Joël Bellenfant, "Stop aux tomates hors-sol", 24/04/24 (article)
- France 3, Louise Leborgne, "Dans la Manche, l'implantation de méga-serres de tomates divise : On détruit un village", 30/03/24 (vidéo)
- France 3 Normandie, Alexandra Huctin, "Une serre de tomates grande comme 24 terrains de football", 29/05/2018 (article)
- Ouest-France, Guillaume Le Du, "Près de 300 emplois dans des serres de tomates", 03/07/15 (article)
29 juin 2025
Vu du zinc
Vu du zinc, c'est un libre recueil de paroles d'habitants dans une des communes de la Manche que nous choisissons ensemble, pour diverses raisons. Si possible dans un café, lieu où les gens se parlent encore, en direct, sans petit ou grand écran interposé.
Isigny-le-Buat inaugure cette série car nous avons été frappé.es par la mobilisation qui s'est constituée voici plus d'un an contre l'extension de serres industrielles de tomates, et notamment le succès de la manifestation du 16 novembre 2024.
Nous sommes allés à deux reprises au bar de l'Avaine, le café restaurant de Lætitia et Sylvain, le 18 février et le 19 mars, pour écouter celles et ceux qui le souhaitaient.
Isigny-le-Buat :« C'est petit,
mais c'est vivant »
« Il faut se poser les bonnes questions quand on veut déménager. » Annie, sourire et cheveux courts, ne comprend pas toujours ceux qui viennent s'installer à la campagne sans vraiment savoir où ils mettent les pieds. « Les gens s'installent, mais on dirait qu'ils veulent les avantages sans les inconvénients ! » Elle, en revanche, elle sait ce qu'elle aime à Isigny. Et les inconvénients, elle les voit aussi.
Ancienne élève dans la même école que le gérant du bar, « mais pas dans la même classe », rit-elle derrière ses lunettes rouges, elle aime prendre un café et « venir causer » quand elle vient chercher ses cigarettes. Ainsi ce matin avec Céline, qu'elle a croisée dans la rue. Au gré des heures, les gens entrent, s'assoient, s'installent au comptoir, repartent. La commune canton d'Isigny-le-Buat, structure unique en France, regroupe dix villages et de multiples hameaux. La voiture y est reine mais on se retrouve dans le bourg, vivant, où se regroupent les commerces. Et parfois, on se rencontre au café.
En manque de transports collectifs
La silhouette un peu frêle, barbe blonde et bonnet sur la tête, Lucas reste adossé contre un pilier, dans ce café plutôt lumineux, avec ses baies vitrées et son mobilier gris clair, rehaussé de quelques banquettes de bistrot rouge foncé. « Je ne peux pas m'asseoir, pour des raisons de santé », explique le jeune homme de 27 ans tout juste, montrant sa jambe droite un peu raide. Il vient parfois dans ce bar, histoire de faire escale, comme aujourd'hui, entre Saint-Hilaire-du-Harcouët où il habite et Avranches où il multiplie les rendez-vous médicaux, consultations et interventions chirurgicales. « J'ai eu 15 opérations en deux ans. » « J'attends de retrouver mon permis. L'autre jour, je suis rentré à pied, le stop n'a pas marché du tout, alors j'ai fait une pause à Isigny. Aujourd'hui je suis à scooter, c'est quand même mieux. »
Oui, il y a des bus qui sillonnent le Sud-Manche et relient Avranches et Saint-Hilaire, « mais pas beaucoup, et les horaires ne sont pas commodes. Ce n'est pas comme à Fougères où il y en a toutes les heures ou les demi-heures ! J'avoue j'ai la flemme d'attendre le bus deux heures », explique Lucas. Sa situation de santé ne permet pas d'avoir des bons de transport pour les consultations : « J'en ai seulement pour les interventions chirurgicales. Mais je vais demander à me faire reconnaître comme travailleur handicapé, mon chirurgien m'a dit que je le pouvais. Mon médecin aurait dû me faire un papier depuis longtemps, mais comme il a déjà du mal à me lâcher une boîte de Doliprane... »
Il sourit, et dit apprécier notre démarche : « C'est de plus en plus rare, de vouloir écouter les autres. » Et c'est ce qu'il aime dans les cafés. « Je n'ai pas de connaissances ici, mais j'aime bien m'arrêter ici pour un café ou une bière. C'est petit, Isigny, mais c'est vivant, il y a pas mal de commerces, ça bouge plus que Saint-Hilaire », assure le jeune homme qui a grandi à Rennes.
Le sens de l'accueil
« Vivant », c'est le mot qui revient. Annie apprécie l'animation dans le bourg, mais remarque que cela vient des gens eux-mêmes : « A la campagne, quand vous êtes agricultrice, ce que j'ai fait durant 10 ans, le temps d'élever mes enfants, si vous n'allez pas dans les associations, vous ne voyez personne ! C'est pour ça que je me suis engagée dans l'APE (association des parents d'élèves), à l'école puis au collège », note l'ancienne présidente des parents d'élèves du collège, se levant pour aller saluer justement Gérard, un ancien comparse de l'APE.

Ce que Céline a apprécié, en quittant l'agglomération de Granville, il y a 20 ans, c'est l'accueil qu'elle a reçu ici : « C'est très campagnard, très chaleureux. Les voisins proposent tout de suite un coup de main, des rencontres, les communautés se créent très vite ici. C'est simple, on n'avait encore que la dalle de faite dans le lotissement, et déjà le comité des fêtes nous avait invités au Noël des enfants ! C'est vrai que le comité de Chalandrey est vraiment « extra-ordinaire » », insiste-t-elle, avec un grand sourire. C'est dans ce cadre qu'elle a noué amitié avec Annie, avec laquelle elle partage un café ce matin-là, sous le regard amical de Lætitia, la patronne. Elle continue avec sa famille de passer à Donville-les-Bains ou à Jullouville pour aller à la mer, mais se souvient que si « les gens ont fini par être chaleureux, c'était plutôt au bout d'un an. Ici, la confiance se gagne tout de suite », assure-t-elle.

Odile, ouvrière à la retraite, remarque, à propos des Normands en général : « On dit qu'on est fermé. C'est plutôt qu'on ne fait pas forcément le premier pas, mais après, on sait accueillir ! » La parole vive et enthousiaste, elle est avec Gérard l'une des fondateurs et porte-paroles du collectif Stop tomates, qui s'est créé en janvier 2024 pour contrer le projet d'extension des serres industrielles d'Agrocare. Et si elle lutte, comme lors de la grande manifestation du 16 novembre dernier, c'est par amour pour sa commune, de son cadre de vie, et la défense de l'agriculture, la vraie. « Sous prétexte qu'ils ont de l'argent, ils peuvent faire tout et n'importe quoi ? Je ne suis pas d'accord ! »
Pour en savoir plus sur les méga-serres d'Isigny :
Atout n°1 : les commerces
Le dynamisme et le nombre des commerces d'Isigny, c'est le leitmotiv des personnes rencontrées, qu'elles habitent le bourg, comme Odile, ou non. « Ah moi je privilégie la supérette, j'y trouve ce que je veux, assure Odile. Et c'est familial, on peut y discuter de tout et de rien. J'y ai même fait mes courses pour fêter mes 60 ans ! On croit que c'est moins cher dans les hypers, mais comme on se fait happer dans les allées et qu'on ressort avec des choses qu'on n'avait pas prévu, on se fait avoir en fait. » Habitant Isigny-le-Buat depuis 45 ans, et avec bonheur, elle s'exclame : « On a une commune vivante, qui a tout ce qu'il faut, y compris pharmacie et médecins, pourquoi aller ailleurs ? »
Sylvain, le patron du Bar de l'Avaine, confirme en essuyant un verre. Natif de Mortain, il trouve sa clientèle « très sympa ». « D'ailleurs ceux qui ne le sont pas ne reviennent pas », ajoute-t-il avec un demi-sourire. Ancien restaurateur, c'est son premier bar-tabac-PMU, et il se réjouit du « flux permanent de clientèle, toute la journée ». Y compris le midi, puisque sa femme et lui proposent une carte et des formules déjeuner, et même des plats festifs de type choucroute ou tête de veau certains samedis midis. Le reste du temps, le tabac et les courses assurent un passage régulier.
Il apprécie les jeunes pharmaciens qui ont repris l'officine, et « l'ouverture du cabinet médical, avec trois médecins salariés par la commune ». Dans sa doudoune bleue, debout au bar, Alain, 63 ans, l'admet : il préfère venir à la pharmacie ici, « elle est mieux achalandée que dans ma commune ». L'ancien bûcheron a déménagé près de Saint-Hilaire-du-Harcouët mais avec sa femme, ils auraient préféré trouver une maison à Isigny, après 15 ans passés ici. Il y garde quelques habitudes, venant notamment au café une fois par semaine en moyenne, pour le PMU. « Et on a kiné, podologue, pédicure, ostéo, orthophoniste », énumère encore Odile.

Céline, assistante maternelle établie depuis 20 ans à Chalandrey, se réjouit aussi du côté « très vivant » d'Isigny-le-Buat. « En tout cas les jours d'école, sinon, c'est très calme. » Elle insiste sur le « panel de sports possibles, proposé aux enfants mais aussi aux adultes », avec une douzaine de clubs et deux salles de sport, dont une réservée aux sports de raquettes et homologuée pour les rencontres nationales ou de haut niveau, selon Annie. Cette Mortainaise se trouve « très bien ici » depuis qu'elle a rejoint Le Mesnil-Thébault, autre commune associée d'Isigny, et l'exploitation laitière de son mari, voici 30 ans. En citant tous les commerces, jusqu'à « la fleuriste et même deux coiffeurs », elle salue « le travail des élus, et même avant -du temps de l'ancien maire, NDLR ». Avec un ton convaincu, elle cite la Marpa (Maison pour personnes âgées autonomes) qui sort de terre quelques mètres plus loin, la réhabilitation du presbytère en logements, etc. Ainsi que le guichet « France services » à la mairie, même si elle déplore que la Poste se soit transformée en agence postale dépendant de la mairie. « Mais on voit bien qu'ils essaient de conserver un maximum de services. » Elle cite aussi « le camion de l'opticien » où va son mari, tandis qu'elle préfère aller à Avranches, pour ses « verres un peu compliqués ».
Côté santé
Gérard, éleveur de moutons avranchins et cofondateur du collectif Stop tomates, passe au bar avant son rendez-vous chez le médecin. Il a justement une anecdote toute récente à nous raconter au sujet de la santé : son dimanche et son lundi aux urgences de l'hôpital d'Avranches.

Son témoignage lancé comme une boutade laisse percer une grande inquiétude : « Dimanche soir, pris de maux de ventre violents, je pars aux urgences à 3h du matin. Une nuit tranquille, pas de malade en attente. Salle de soin, analyses, on me parle d'une échographie vers 9h. Mais le lundi matin, je dois libérer la salle de soin, le couloir s'est nettement rempli, pas de place, direction le local technique avec du matériel entreposé ! Finalement, je passe l'échographie à 15h et l'infirmier qui me ramène dans mon placard me dit que j'ai de la chance, qu'il n'y a pas grand monde aujourd'hui. Une jeune infirmière me déclare qu'elle n'avait pas imaginé ainsi son travail et qu'elle a peur de devoir se faire soigner un jour à l'hôpital. Une patiente explique devant moi qu'elle devait attendre 2 mois pour avoir un rendez-vous chez son médecin alors elle est venue aux urgences. Moi j'ai eu de la chance pour voir le médecin aujourd'hui, c'est le kiné pour mon épaule qui a pris ma tension et l'a trouvée très haute, il a prévenu mon médecin. D'ailleurs j'y vais, ce serait bête de louper mon rendez-vous. »
Devant les jeux, Adrienne attend son tour. Elle, elle dit que tout va bien : à 85 ans, elle n'a pas encore eu besoin du médecin !
Vive la culture, mais inquiétudes pour les écoles et le paramédical
Emmanuelle, la cinquantaine, s'accorde une petite pause après son passage au collège d'Isigny où elle se rend deux fois par semaine. En service ambulatoire, cette enseignante spécialisée pour les enfants sourds et dyslexiques intervient pour informer les enseignants et agents chargés d'accompagner les élèves dans les écoles, collèges, lycées de son secteur qui dépend du Centre de ressources de l'ouïe et de la parole (CROP) de Normandie, basé près de Caen. Certains secteurs sont moins bien desservis, reconnaît-elle.
L'ancienne citadine, désormais installée à la campagne près de Brécey, met en avant l'avantage de l'accueil et d'une qualité de vie incomparables : « Il fait bon vivre ici, les liens sociaux existent encore avec toutes sortes d'événements, de repas partagés... Le Centre social propose des activités. On a une offre culturelle plutôt riche grâce notamment au dispositif Villes en scène du Département, avec les collectivités locales et les associations, et au cinéma associatif de Villedieu-les-Poêles. »
Mais pour Emmanuelle, l'envers de la médaille, ce sont les menaces qui pèsent sur les classes et le manque de prise en charge médico-sociale : « Des écoles sont menacées de fermeture alors qu'elles font la vie de nos communes. Notre désolation, c'est que le Sud-Manche manque d'orthophonistes et autres professionnels du paramédical, c'est presque un désert. Je pense que les jeunes préfèrent la ville. Mais il faudrait arriver à les faire revenir ou à les attirer comme pour les médecins. » À l'entendre parler de sa vie ici, on se dit que cela ne devrait pas être si difficile !

La marque du Covid
Dans ce concert de louanges pour les relations chaleureuses dans le coin, Annie note quand même qu'il y a eu quelques personnes pour se comporter bizarrement, pendant la pandémie du Covid : « On a vu revenir la délation, pour quelques malheureux apéros que des gens avaient pu faire. C'était une époque tellement étrange ! On habite route de Ducey, où ça circule beaucoup, jusqu'au rond-point des Biards, et là, il n'avait plus une seule voiture ! Et si on se croisait au bourg, on avait nos masques mais on se regardait comme chien et chat, on n'osait même plus se dire bonjour ! Mais à la fin, j'ai fini par éteindre la télé, les infos, ça prenait trop la tête » Désormais, explique-t-elle, « j'ai lâché l'abonnement de La Gazette et je ne lis plus que ce qui m'intéresse sur leur page Facebook, et un peu de radio et de télé ». Alain, lui, ne se lasse pas des infos, encore aujourd'hui, naviguant entre son abonnement à Ouest-France et les émissions de TF1.
A propos du Covid, Sylvain, le patron du bar de l'Avaine, constate que « les habitudes des gens ont énormément changé depuis ». Ils viennent moins au bar, « ayant pris l'habitude de se voir chez les uns les autres ». Et puis « parce que les contrôles routiers ont augmenté, et qu'on ne peut pas rentrer à pied à chaque fois quand on habite à 5 ou 6 km ». La clientèle a aussi baissé « parce que les ouvriers ont pris l'habitude du thermos, alors ils ne passent plus pour le café du matin. Pareil, ils ont pris l'habitude de la gamelle du midi, car pendant le Covid, les patrons ont aménagé des cabanes de chantier », observe-t-il.
Le travail difficile à trouver
Isigny-le-Buat compte plusieurs grosses usines : Electropoli, Suez (qui a repris l'entreprise de recyclage de l'ancien maire et conseiller général Bernard Pinel), Lactalis, la serre d'Agrocare, Vivagri, SNMA, Boulay matériaux, etc, mais l'un des rares bémols entendus dans ce café concerne justement l'emploi. C'est Lucas qui est peintre en bâtiment mais dont le dernier poste dégoté a été en usine à Avranches ; ou Annie qui travaille en interim depuis plusieurs années, sans pouvoir faire valoir ses compétences d'aide-soignante elle fait « les 3x8 à la biscuiterie Saint-Michel à Avranches quand j'ai pris 50 ans », travaille aux tricots Saint-James, chez Vuitton où elle fait la plonge au restaurant d'entreprise, à Juilley. « C'est vrai qu'il faut se déplacer tout le temps. C'est d'ailleurs l'inconvénient de la campagne », note-t-elle.
Cela ajoute un peu à son scepticisme lorsqu'il est question du méga-projet de serres à tomates : « En réalité, ça ne fournit pas de travail. » La serre actuelle fait déjà 12ha. « Ce sont des travailleurs qui viennent d'ailleurs et qui repartent. Et en plus ça ne compte pas comme une usine mais comme une exploitation agricole, ça ne rapporte même pas beaucoup de taxes. »
Céline file, c'est l'heure de son rendez-vous. Annie reste encore un peu, elle prend plaisir à bavarder. Les tables sont dressées. Comme une respiration, la clientèle du midi succède peu à peu à celle du matin.
Pour aller plus loin :
31 mars 2025
Making off
Les rédacteur.ices et dessinateur d'Affichage libre ont passé deux matinées au bar de l'Avaine les 18 février et 19 mars 2025. Et ont travaillé le sujet par des recherches ou d'autres rencontres en amont.

Retour sur la "Fête des tomates de saison"
Étaient présents ou représentés le collectif du Terregatte qui s’oppose à l’implantation d'une unité de stockage électrique de 100 mégawatts à Saint-Laurent-de-Terregatte ; l’association Respire en val de Sée qui lutte contre le projet d’agrandissement du centre d’enfouissement de déchets les Champs-Jouault à Cuves ; l’association Manche Nature, forte de 400 adhérent.es dans le département et fédérant plusieurs autres associations, était également présente.
Par la voix de son représentant dans le sud-Manche, Alain Millien, Manche Nature a apporté un soutien appuyé à l’action des différents collectifs luttant contre des projets néfastes pour l’environnement, en s’engageant à aller « au contentieux » si ces projets aboutissaient.
Il a été notamment question de l’extension d’une porcherie à la Colombe et à Cuves, ainsi que le projet d’axe routier Granville-Avranches.
Concernant le projet de méga-serres à Isigny-le-Buat, Alain Millien déclare : « ce projet ne doit pas aboutir, il y a une dynamique à construire pour mobiliser ».
Une nouvelle demande de permis de construire pour l'agrandissement des serres a été faite par Agrocare avec 4 ha de moins (16 ha au lieu de 20). Le sujet est passé devant la Commission Départementale de la Préservation des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers (CDPENAF) où la FDSEA, la Chambre de l'Agriculture, les propriétaires fonciers, les Jeunes Agriculteurs, la Coordination Rurale ont donné un avis positif tandis que Terre de liens, la Confédération paysanne, le Groupement Régional des Associations de Protection de l’Environnement (GRAPE), Manche Nature, les deux représentants de l'État et le représentant du Conseil départemental ont donné un avis négatif.
Actuellement le préfet n'a pas encore pris un arrêté pour ouvrir l'enquête publique. La municipalité d'Isigny-le-Buat ne peut donc donner un avis sur le permis de construire. C’est un des enjeux des prochaines semaines, des prochains mois pour qu’il y ait beaucoup de contributions directes sur le registre de l'enquête publique, que l'ensemble des citoyens, citoyennes réagissent.
Pour conclure, la déclaration de Patrick Gill de Respire en val de Sée résume clairement les enjeux de ces mobilisations :
« Nous sommes l'association Respire en Val-de-Sée, qui est adhérente à Manche Nature.
C'est un pan de territoire qui refuse à être transformé en zone industrielle agricole. Ici, dans la vallée, nous voyons s'installer peu à peu un système qui étouffe la terre, qui asphixie la rivière et empeste la mer.
Nous combattons depuis des années le centre d'enfouissement de Cuves, symbole d'un modèle dépassé et celui où on enfouit les déchets, les odeurs et la vérité.
Autour de ce site, les projets se multiplient : une porcherie industrielle à Cuves où des centaines d'animaux s'entassent dans des conditions indignes ; un méthaniseur géant à Saint-Michel-de-Montjoie, annoncé comme vert, qui engloutit le lisier, les cultures et les subventions.
Et ces avantages à répétition saturent nos sols, empoisonnent nos eaux.
Tout cela est lié, c'est la même logique. Produire toujours plus, traiter toujours plus, enfouir toujours plus.
Mais pendant que les profits s'envolent, les habitants, eux, respirent, boivent et subissent.
Nous disons stop à cette fuite en avant. Nous voulons un vrai dossier vivant, pas un couvercle de béton et de plastique sur la campagne.
Nous voulons des fermes à taille humaine, des sols fertiles, de l'eau claire, un air pur et une agriculture qui nourrisse les gens, pas les machines.
Ici, aujourd'hui, en cette fête des tomates de saison, nous célébrons le vrai goût du pays, celui de la récolte locale, du bon sens et du respect du vivant.
Nous ne sommes pas contre le progrès, nous sommes pour le courage, pour la transparence, pour la tolérance. Nous disons, non aux pollutions cachées, non aux mégas projets absurdes, oui à la terre, à la vie et à la respiration.
Respire en Val-de-Sée, c'est plus qu'un nom, c'est un appel à vivre debout ensemble sur une terre qui nous ressemble. »

