L'appel du syndicœur


« Est-ce iel qui abuse, ou est-ce moi ?
Et les autres, pourquoi arrivent-iels à supporter ça et pas moi ?
Et mes proches, quand iels me disent de m’accrocher, de tenir bon, de “prendre sur moi”, ont-iels raison ? Ont-iels tort ?”

Chère lectrice, cher lecteur,

Ici c’est Marie-Chantal qui vous parle, votre déléguée syndicale de choc et de charme ;-)

Lorsque notre équipe d’anarcho-syndicalistes a décidé de commettre Affichage-libre, l’esprit était de vous donner la parole. Fini de se prélasser dans son canapé à ingurgiter la malbouffe télévisuelle servie par une armée de clowns voix-de-son-maîtrisés. Si vous me permettez une expression des plus grivoises (j’en rougis d’avance) : “Il va falloir se retirer les doigts de la zapette, les coco.ttes !

« Fabriquons ensemble un espace dans lequel nous pouvons dire tout ce qui ne va pas au boulot. Marie-Chantal

Nous voulions une rubrique qui soit celle de ses lectrices et de ses lecteurs. Une rubrique faite par elleux, pour elleux. Une rubrique qui, lorsque vous n’avez plus la sérénité pour faire la différence entre ce que vous ne pouvez pas changer et ce que vous pouvez changer, vous donne la sagesse et le courage de le faire. Et cela dans un domaine particulier : le travail. Cette rubrique, véritable cocktail Molotov d’amour, de droit du travail et de merguez-frites, s'appelle : “Le courrier du Syndicœur” ! Et c’est moi qui la fais !

Pour la nourrir, nous appelons aux dons (oui, nous allons vous faire bosser les gazelles et les gazous). Donnez, donnez, do-donnez, donnez, donnez-moi … vos confidences, vos indiscrétions ! DÉ-NON-CEZ VOS CONDITIONS DE TRAVAIL ! Et fabriquons ensemble un espace dans lequel nous pouvons dire tout ce qui ne va pas au boulot. Témoignez de ce que vous y vivez. Faites remonter l’odeur pour que “ceux d’en haut” en prennent une pleine bouffée, pour parler comme Coluche.

Ce que vous propose notre équipe de syndicalistes patentés, c’est de mettre à votre service sa capacité (toujours modeste et géniale) à examiner votre situation, à la traiter à la mode de chez nous, et surtout à vous aider à trouver des solutions, dans la mesure du possible (après, rien ne vaut l’original : si on ne trouve pas la solution, on passera un coup de fil aux copains/copines du syndicat).

À Affichage-libre, on ne veut plus se laisser faire.

On ne veut plus LES laisser faire. On pense qu’on est toujours plus fort.es ensemble.

Être salarié.e, ce n’est pas être dans une soumission permanente à des exigences de plus en plus insensées. Ce n’est pas être dans la crainte perpétuelle de la toute puissance d'un.e chef.fe, dans la crainte de commettre une faute, d’être médiocre, de perdre son gagne-pain et d’être dépendant.e des autres.

Être salarié.e, ce n’est pas être seul.e. Nous pouvons, ensemble, nous entraider. Surtout quand des petit.es chef.fes, des petit.es patron.nes, des petites personnes pas plus hautes que leur statut exercent sur nous leur pouvoir de nuisance et nous empêchent de nous élever.

Nous ne proposons pas les clés du bonheur au travail : ce sont des mots qui ne vont pas très bien ensemble, Michelle. Ce que nous vous proposons, ce sont des outils de liberté et de dignité : le droit du travail, l’expérience de celleux qui luttent ou ont lutté, la solidarité.

Un seul mot d’ordre: “Dites-nous tout!” et nous publierons vos indiscrétions, de façon anonyme bien sûr. Nous y répondrons et nous vous aiderons à vous frayer un chemin dans les méandres des relations de travail. Il n’y aura pas de bonnes ou de mauvaises manières de faire. Il y aura celles qui fonctionnent et celles qui ne fonctionnent pas. Seul l’avenir vous le dira.

Nous n’éviterons aucune situation, sauf si elle ne relève pas selon nous d’une forme de domination au travail ou si les informations que vous nous donnez sont de nature à vous mettre en danger ou mettre en danger autrui ou encore si nous ne les comprenons tout simplement pas.

Nous avons le désir profond de vous aider au mieux. Nous ne donnerons pas d’ordre, pas de solution miracle. Vous nous donnerez toute l’information qu’il vous semblera nécessaire, sous une forme facile à comprendre, et nous vous ferons des suggestions qui nous sembleront les plus efficaces et qui jamais ne pourront vous nuire ou nuire à autrui.


(Pause commerciale)
La hiérarchie au travail vous colle des boutons ?
Nous avons le remède qu’il vous faut :
à dose homéopathique ou d’une traite, lisez
Vous ne détestez pas le lundi de Nicolas Framont !


  • Marie-Chantal préssente le livre Vous ne détestez pas le lundi de Nicolas Framont
    Ceci est un outil de libération mentale. Laisser à portée du plus grand nombre. En cas de doute, demandez conseil à votre libraire ou votre bibliothécaire favori.te. - Dessin : Philippe
« Nous ne tenons pas le travail pour sacré, et nous ne roulons pas pour les patrons mais pour celleux qui produisent leur richesse : les travailleurs.es Marie-Chantal

Nous ne tenons pas le travail pour sacré. Ce que nous tenons pour sacré, ce sont des conditions de travail qui respectent la dignité de chacun.e et permettent l’autonomie. Nous ne “roulons” pas pour les patrons mais pour celleux qui produisent leur richesse : les travailleurs.es.

Nous ne pensons pas que le “patron idéal” ou le “job de votre vie” existent. Nous ne sommes pas non plus des “Chief Happiness Officers” qui voudraient vous enfermer dans une quelconque injonction au bonheur. Nous sommes des veilleurs, des guetteurs perchés sur des échasses pour voir au loin les obstacles qui vous attendent.

Ce que nous souhaitons, c’est vous aider à vous rétablir quand le doute s’installe en vous :

“Est-ce iel qui abuse, ou est-ce moi ?”,

“Et les autres, pourquoi arrivent-iels à supporter ça et pas moi ?”,

“Et mes proches, quand iels me disent de m’accrocher, de tenir bon, de “prendre sur moi”, ont-iels raison ? Ont-iels tort ?”,

“Est-il de ma responsabilité d’aplanir les conflits, de me conformer à ce que je ressens au fond de moi comme une immense injustice, comme une véritable violence, comme un véritable abus ? Et cela parce que je ne peux tout simplement pas claquer la porte et “traverser la rue”, comme dit cellui qui n’a jamais travaillé, pour trouver une meilleure place ailleurs, des collègues plus humain.es, plus “civilisé.es”.

Quand vous vous direz que ce n’est pas sérieux de songer à quitter son job et que ce n’est pas sérieux non plus d’y rester, quand les conséquences d’une action seront aussi négatives que celles de l’action opposée, nous serons là. Nous ne dirons pas : “Ne vous en faites pas”. Nous ne vous poserons pas une main rassurante sur l’épaule en vous disant : “Il faut être fort.e!” Nous vous donnerons autre chose : un éclairage, des informations pour vous aider à reprendre pied, vous relever et vous battre pour votre sécurité, pour votre dignité, pour votre autonomie.

Si vous vous posez une question sur vos conditions de travail et que vous ne supportez pas les syndicalistes à moustaches, posez-les moi, je sors de chez l'esthéticienne !

N'attendez plus, et laissez-moi votre message à contact at affichage-libre.fr !

Allez, bisous et n'oubliez pas : syndiquez-vous les un.es les autres !

Marie-Chantal, d'Affichage-libre

13.05.2025

* Marie-Chantal est un personnage fictif. Toute ressemblance avec une Marie-France ou une Marie-Chantal qui existe ou a existé est purement fortuite.

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